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Mercredi 9 mai 2012.

Quand j'étais petite, je ne pouvais m'endormir que si, derrière mon oreiller je cachais une pile de bouquins. Je ne les lisais même pas, mais c'était au cas ou (je dois même avoir une photo de ça). Et j'étais très chanceuse parce que mon père, jusque très tard (la fin du collège) venait me faire la lecture (bon vers la fin il le faisait plus à mon petit frère et j'écoutais). On avait ces petits classiques abrégés, j'ai découvert Sherlock Holmes, Tom Sawyer, les aventures de Heïdi, L'étalon noir.
Puis plus tard comme il s'endormait systématiquement avant la fin du chapitre, j'ai pris le bouquin en cours, Heïdi, et je l'ai fini toute seule en cachette. Et quand il est venu me demander où était passé le livre (le petit coquin le lisait aussi le soir après m'avoir endormir et je lui avais subtilisé sur sa table de nui ; j'avais déjà commencé à mal tourner, je sais), je lui ai dit l'air de rien que je l'avais terminé. Les lectures du soir n'ont pas cessé après ça (dieu merci), mais à partir de ce moment j'ai commencé à choisir des livres toute seule et les lire. Et je ne sais pas si j'aurais autant aimé lire s'il ne m'avait pas lu des années durant pour m'endormir (ou raconté des histoires de sa propre invention dont je me souviens encore ; ah le crocodile échappé du zoo qui hantait les ruisseaux dans le village et que le garde chasse devait capturer). Et puis d'ailleurs Pennac en parle dans Comme un roman, il faut lire aux enfants ! Mes parents n'avaient pas forcément le temps, ma mère bossait de nuit, mon père était très occupé, mais la lecture du soir n'a jamais été oubliée, et je les remercie.


Tout ça pour dire que hier j'ai lu presque toute la nuit. A minuit j'ai pris mon livre en cours, et ne l'ai lâché que vers cinq heures. Ok je bossais le lendemain (donc aujourd'hui), ok j'allais être complétement décalquée avec deux ou trois heures de sommeil, mais ça m'a rappelé ce que je viens de vous raconter, et ça m'a fait du bien.
J'avais envie de faire un genre d'article-jeu comme ça depuis un moment, mais je n'étais pas sûre que ça vous intéresse. Mais bref aujourd'hui on va voir. J'aime bien regarder à quoi ressemble les écrivains, enfin maintenant on le sait pour les contemporains, mais les autres c'est plus difficile. Je vous ai donc choisi 7 portraits d'auteurs plus ou moins anciens. Je vais vous mettre des petits indices, puis je vais écrire les réponses en blanc en dessous de tout cela pour ce qui veulent vérifier leur réponses puissent le faire toute de suite et pas dans cent-sept ans quand ils auront oublié l'existence même de ce petit jeu (je mettrais des liens vers des chroniques de blog quand il y en a et au cas où vous voudriez voir ce qu'a pu faire l'auteur, il faudra cliquer sur les *)
Il y a en a un ou deux très facile et un piège (è_é héhé), bonne chance ! Et les indices ne sont pas dans l'ordre des illustrations, ce serait trop facile sinon ! Dites-moi en commentaire combien vous en avez trouvé et si ça vous a amusé.

« J'ai écris un roman où il est question d'un casque enchanté et de plumes de corbeaux » ; « Que mon corps gèle que mon cœur durcisse / Il me faut bien trouver un lieu secret / Où j’oublierais lentement que j’existe. » « Marcel Proust a failli traduire une de mes œuvres » ; « Vous connaissez mon petit lapin » ; « J'étais l'ami(e) d'Henry James » ; « Il était une fois un phare » ; « Vous avez tous voyagé au moins une fois sur mon île ».

Bonne chance !


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Les réponses :

« 1. Je suis Edith Wharton et l'indice me correspondant : Marcel Proust a failli traduire une de mes œuvres * * »
« 2. Je suis Virginia Woolf et l'indice me correspondant était :  Il était une fois un phare * »
« 3. Je suis Robert Louis Stevenson bien sûr (et j'étais beau gosse et je suis l'un des plus facile à deviner voyons) et l'indice me correspondant était : Vous avez tous voyagé au moins une fois sur mon île * * »
« 4. Je suis Beatrix Potter et l'indice me correspondant était : Vous connaissez mon petit lapin (j'avoue je me suis amusée avec celui-ci) * »
« 5. Je suis le piège de ce petit jeu ! puisque je suis encore une fois Edith Wharton mais plus jeune (je suis facétieuse que voulez-vous et j'adore ce portrait) et l'indice me correspondant était : J'étais l'amie d'Henry James »
« 6. Je suis Paul Eluard et l'indice me correspondant était évidemment ces quelques vers : « Que mon corps gèle que mon cœur durcisse / Il me faut bien trouver un lieu secret / Où j’oublierais lentement que j’existe. » »
« 7. Je suis Horace Walpole (et ne faites pas semblant de ne pas me connaître, je serais hyper vexé, j'ai quand même écrit le premier roman gothique de la littéraire britannique) et l'indice me correspondant était : J'ai écris un roman où il est question d'un casque enchanté et de plumes de corbeaux * * »
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Cette semaine, j'ai découvert que le parc Montsouris et le jardin Luxembourg étaient magnifiques.
J'ai découvert que les sèches-mains du musée du Luxembourg séchaient très bien les cheveux et les vêtements.
J'ai découvert que Cima da Conegliano étaient un peintre qui aimait le glacis et la tempera (Le terme tempera ou tempéra [du latin temperare : détremper] désigne une technique de peinture basée sur un liant à émulsion, qu'elle soit grasse ou maigre.)
J'ai découvert que The avengers c'était un film très moyen et sans logique.
J'ai découvert que faire des lotus en origami ça tue vraiment les doigts.
J'ai découvert que j'allais faire un pique-nique dans le parc Monseau avec Chouchou mardi prochain.


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Vendredi 13 avril 2012.


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Depuis 2006 je répertorie tous les livres que je lis (je peux ainsi voir depuis combien de temps je n’ai pas relu un livre, si j’ai effectivement lu untel, et dans quel contexte). Je note le titre, je note s’il se trouve dans ma bibliothèque, je note la date de début et de fin de lecture. Avant je mettais même un certains nombre des petites étoiles pour symboliser mon appréciation du livre ; mais j’ai laissé tomber l’année dernière, pas représentatif et ça prend de la place.
Et hier soir en annotant d’une nouvelle façon les livres empruntés je me suis rendue compte que certains titres me donnaient du mal. À me souvenir de quoi ils parlaient, de qui ils étaient. Deux ou trois sont totalement sortis de mon esprit. Du coup je me suis demandée où placer le nom de l’auteur pour rendre cela plus clair. Je ne veux pas que ça fasse trois kilomètres, sinon les pages que je remplis tranquillement le seront plus rapidement et ce ne sera plus représentatif (enfin trouve-je). Puis je me suis souvenue de la photo que Grazyel avait mise de ses livres lus ici, et je me suis dit que j’allais, ô comble de l’amplitude, prendre dorénavant deux lignes par ouvrages, sur la première, titre et auteur, sur la deuxième date de lecture et si présent dans la bibli.

On va voir si ça fonctionne et si ça me plaît.
Et je sais, cet article est au combien fascinant.

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Avec « l'affaire » de la réaction de Frédéric Lenormand sur le blog d'Alice une vieille polémique qui sommeillait en moi est revenue à la vie. Si un auteur agit comme un parfait connard, est-ce que pour autant on ne doit pas lire ses œuvres et les assimiler à sa personnalité ?
George prenait comme exemple, en commentaire, Céline qui était un foutu salopard on est bien d'accord, mais qui à côté de ça aurait écrit un chef-d’œuvre (je mets du conditionnel parce que temps que je ne l'aurais pas lu et apprécié je n'en dirais rien), et que du coup on pouvait le lire, mais ne pas forcément apprécier le type. Je ne sais pas si j'arriverais à mettre ça en pratique tout le temps. Parce que quand le mec est mort et enterré et qu'on ne l'a pas connu, on peut minimiser l'affaire et ne pas y penser. Mais quand le type agit comme un sale rustre devant vous, il devient un peu compliqué de se distancier.

Par exemple, souvenez-vous qu'il y a quelques mois, presque même un an, je parlais de ma rencontre manqué avec Fabrice Colin et que ça m'avait dégouté de ses bouquins. Bon ensuite j'ai « discuté » avec lui et depuis je le relis, mais s'il n'était pas venu sur mon blog, je ne sais pas si j'aurais pu faire l'effort de le relire. Et de se priver de bons bouquins à cause d'un quiproquo ou d'une réaction con sur un blog peut sembler absurde dans ce cas-là. Mais seulement dans le cas où le type n'est pas pourri en fait.
 
La phrase de Austen que j'ai mis en exergue pourrait nous éclairer. Mais dans le cas d'un auteur je trouve cela encore plus confusant. Étant donné que sa marque de fabrique, son moyen d'expression c'est justement de parler, et que le problème est venu de sa parlotte, comment distinguer ses actes de ses paroles ? On pourrait considérer que les actes sont les insultes gratuites et que du coup les paroles, l'écrit, le bouquin, ne compte pas face à son attitude. Donc on ne le lit pas et on l'oublie.
Mais d'un autre ce cher Proust dit qu'il faut distancier le type de l’œuvre. Je n'ai pas lu Contre Sainte-Beuve dans lequel il exprime son point de vue sur le sujet, mais je l'ai réservé à la bibli. maintenant et j'espère que sa lecture m'apportera des lumières. « L'homme qui fait des vers et qui cause dans un salon n'est pas la même personne. » Ok je veux bien, mais l'écriture, le texte vient bien de ce type imbuvable et imbu de lui-même qu'on a envie de claquer quand il point le bout de son nez. Comment considérer à chaque fois que la production papier se distingue vraiment de l'auteur ?


Comme dans tous les trucs de la vie, et surtout en littérature, c'est au cas par cas je pense qu'il faut chercher la solution. Et au cas par cas veut dire analysé avec mon ressenti, ma subjectivité et mes a priori. Donc qui ne vaut pour moi et pour moi seule qu'à un moment donné dans ma vie.

Si je me demandais ça, hormis le fait que j'aime couper les cheveux en huit, c'est que la malgré la réaction pitoyable - ou plutôt grâce à elle - de Lenormand j'ai eu envie de lire son bouquin. Pour voir si son pédantisme se ressentait dans le bouquin ou si au contraire c'était un truc génial qu'il fallait absolument distancier de l'auteur. Du coup j'ai réservé le premier volume des enquêtes de Voltaire à la bibli. pour voir (je suis quand même pas ouverte d'esprit ou indulgente au point de l'acheter, faut pas pousser mémé dans les orties).
N'empêche je n'ai toujours pas de réponse à ma grande question. Pas étonnant que je ne sache pas faire de dissertation. Et que cet article soit hyper brouillon.


A lire pour voir :

Contre Sainte-Beuve, Marcel Proust.
Contre saint Proust ou la fin de la littérature, Dominique Maingueneau.

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